Kala Neza

Les mots dans les oreilles


Les gestes accompagnent les mots


Aminata a quitté son pays ; elle est venue ici pour chercher « la civilisation ». Elle ne sait pas ce que c’est, elle ne sait pas si ça rentre dans un sac, s’il faut le porter sur la tête ou sur le dos mais elle a promis aux gens de son pays qu’elle irait jusqu’au bout…

Hamid, avant même qu’il pousse son premier cri, avait plein de préjugés sur sa tête. Enfant d’immigrés de la 4ème, 5ème génération…
John marche là où les l’homme n’a jamais mis les pieds. Il suit les traces des animaux sauvages, il se laisse guider par le vent, par l’aigle… Quand la solitude devient pesante, il descend dans la vallée partager le pain, le vin, la fête avec les hommes… Il y a aussi David, Habimana, Robert, Bijou. Kala Neza les a rencontrés dans les nombreuses gares empruntées, les trajets de rues.

Ce spectacle raconte les rencontres, les mots, les souvenirs, les moments suspendus dans le temps qu’elle a griffonnés sur le vif puis réécrits : la fiction et la réalité s’y donnent la main au service la dignité.

Avec sa voix, ses gestes, elle nous livre chaque portrait comme une fenêtre sur une part d’elle-même.

Nous sommes des enfants de la terre ; des Cocréateurs de l’univers.

Regard extérieur : Anne Gaillard
Diffusion : Vanessa Macip
Compagnie Tamaris/Théâtre Isle 80

NOTE D’INTENTION :
Il y a eu d’abord ces rencontres griffonnées dans des carnets de voyages. L’envie de rassembler ces souvenirs vivants encore dans ma tête, pour certains anciens de plus de 10 ans, est devenue de plus en plus urgente. J’ai relu mes carnets et je me suis retrouvée seule dans une salle de théâtre à ressasser mes souvenirs, seule sur un plateau à écrire à voix haute phrase après phrase.A partir de mes notes dans mes notes dans mes carnets, j’ai regroupé certaines histoires semblables. Au final, j’ai reconstitué 7 portraits.
On peut même dire 8 portraits, car je suis là. Je me questionne, je cherche mon unité.

Avec le recul, je réalise que ces portraits ont des points communs, ce sont des « sans racines fixes ». Ils cherchent tous un coin de terre d’accueil. Ils cherchent à être considérés et acceptés comme ils sont. Sans être revendicatives, les thématiques sont révélées par la naïveté des propos : « les gens jettent n’importe quoi dans les poubelles, ils jettent même les gens, j’y suis presque », « On ne vient pas au monde comme on part en vacances, il n’y a pas de catalogue pour choisir »..

Le thème de la différence, de l’immigration, des sans papiers, des sans logements, sont là. Mais surtout, comment trouver une place quand on est considéré comme différents des autres ? Ces sujets nous invitent au débat après le spectale.

PORTRAIT : Kala Neza, conteuse, danseuse spontanée depuis 20 ans, partage son temps de travail entre la scène et les activités pédagogiques. Elle commence sa carrière en Belgique dans des compagnies de théâtre engagées, puis elle est sollicitée par des compagnie jeune public. En même temps, elle joue ses propres créations. En France depuis 2009, elle a travaillé avec la Compagnie des quatre chemins, la Compagnie Tambouro et le Théâtre Isle 80. Elle crée des spectacles de contes pour ados et adultes sur commande, pour des associations telles que les points « écoute jeunes », le Planning Familial, les centres médico-sociaux… Elle partage sa passion de la danse, du théâtre et du conte à travers différents stages et ateliers. La créativité est sa source de joie qu’elle partage sans modération.