Marcelle
Fantaisie orale, contes et récits de vie
Vendredi 28 novembre
20h30
Public Ados Adultes
Durée : 1h20
Salle Stéphane Perrin
LA MOTTE CHALANCON

On attend Florence Férin. Vu le titre de son spectacle, on imagine qu’elle va conter l’histoire d’une certaine Marcelle… On s’apprête à vivre, avec elle, un de ses contes, comme on les aime, ancré dans sa terre intime. Florence sait nous faire rire et nous émouvoir en même temps.
Alors, on attend Florence… Et c’est Marcelle qui se pointe ! C’est une dame d’un certain âge qui vient faire le ménage…
Elle doit partir, mais elle reste… Et elle continue !
Elle a des choses à partager… Des paroles fortes.
Des dires de femme, tendres et audacieux.
Elle occupe le devant de la scène et s’en amuse. Et le public finit par oublier Florence :
De toute façon, elle ne va plus venir maintenant …
Spectacle proposé en partenariat avec le SAIL.
NOTE D’INTENTION :
DE LA PRÉSENCE JOUEUSE AU SOLO DE THÉÂTRE
Lors de ses nombreuses apparitions insolites au théâtre du briançonnais, Marcelle est connue pour être une spectatrice originale. Elle s’installe et se met à parler. Alors, on est tenté de l’écouter. Cette vieille dame est porteuse d’une parole universelle et pourtant intime, une parole forte. De spectatrice, elle devient, au fil du temps, celle qui captive, qui compose sa présence, en direct. Son improvisation taquine est nourrie en amont, d’un travail d’écriture sur le thème
du spectacle accueilli au théâtre. Personne ne le sait.
Et Marcelle fait sensation. Dans ses révélations tendres et sa présence clownesque, elle fait beaucoup rire.
Marcelle est une merveilleuse rencontre, pour moi aussi. Elle me permet d’être et de dire ce que je n’ose sans elle.
PORTRAIT :
Je suis née en Touraine, dans un petit bourg au bord de l’Indrois.
Mon grand-père Albert était maréchal-ferrant. Mon père est donc devenu forgeron bien naturellement. Pendant que maman gérait toute la paperasse des Etablissements Férin, mémère Juliette et ma tante Marie-Thérèse tenaient la quincaillerie. Et mon autre grand-mère, Marcelle, en plus de son travail à l’usine, lavait le linge dans l’eau de la rivière pour les autres. Mais dites, c’était à quelle époque ?
Attendez, ma sœur s’appelle Linda et elle faisait de la moto, tout de même ! Par contre Marcelle a toujours fait de la mobylette et elle ne mettait jamais le casque pour ne pas faner sa mise en plis : « Moi avec le casque j’entends ren, c’est ben plus dangereux ! ».
C’était le village, les machines agricoles, les champs pour courir, le ciel pour rêver… Et tous mes petits personnages de papier et ma tête pour créer.
Pendant longtemps, j’ai pensé que je n’avais rien d’intéressant à dire. C’est comme ça que j’ai appris à écouter et c’est comme ça que je suis devenue conteuse.
Dans l’écriture de ses contes, Florence sait jouer avec la poésie des mots et l’humour bien ancré dans le jeu de ses personnages. C’est un mélange de terre fraîche et de ciel. Dans cet art qu’elle pratique depuis plus de 25 ans, Florence s’accorde la liberté de pétrir ses contes à la mémoire de ses sens et dans sa présence sincère, c’est toute la sensualité d’un féminin qui se dit.