Cie Le pas de l’oiseau

Chaudun, la montagne blessée


Théatre-récit, musique.


Crédit photo : Claude Mery

Le village de Chaudun (Hautes-Alpes) est vendu en 1895 par ses habitants à l’Etat. Au fil des ans, surpopulation et surexploitation transforment cette vallée de montagne. La vallée et ses habitant-e-s sont exsangues, les pâturages inexploitables…

Le journaliste Luc Bronner mène l’enquête pour raconter une histoire d’effondrements : celui d’une micro-société incapable de changer de direction, celui d’une montagne qui cesse d’être une alliée pour les humains. Son ouvrage est également le récit d’une reconquête : celle des habitant-e-s sur leurs vies qui trouvent dans la fuite une émancipation possible, celle de la nature sur la montagne blessée avec d’autres humains pour alliés. Aujourd’hui, Chaudun est le cœur d’un espace ensauvagé, l’une des plus somptueuses vallées d’Europe. 

D’après « Chaudun, la montagne blessée », de Luc Bronner – © Seuil, 2020
Adaptation et jeu : Laurent Eyraud-Chaume
Musique : Duo Vargoz – violons : Robin Vargoz, harmonicas : Guillaume Vargoz
Mise en scène : Amélie Chamoux
Création et régie lumière Olivier Chamoux
Création et régie son : Léo Croce

NOTE D’INTENTION :
Ni roman, ni simple document historique, ni plaidoyer écolo ni littérature localiste : le livre “Chaudun, la montagne blessée” est un ovni littéraire. Il réussit, avec une délicatesse teintée d’humour, à nous faire ressentir la vie d’un village de montagne qui lutte pour sa survie.

Nos vies, percutées chaque jour par les urgences climatiques et sociales, trouvent ici un écho inattendu dans un passé pas si lointain, où nos cousins piégés par une relation à la nature déséquilibrée furent contraints de fuir leur maison, leur mémoire, leur vie même…

Les mots du livre deviennent récit, histoire partagée. Les archives scandées deviennent mélodies. Le Duo Vargoz crée un répertoire, une musique pour cette lecture, une musique cousue main pour dire la rudesse du paysage, la force de la vie, la noirceur de l’effondrement, la danse de la fuite…

PORTRAITS :
Laurent Eyraud-Chaume est né à Marseille où l’on exagère un peu. Il a grandi dans le culte rural de la lutte finale… ce qui n’est pas sa plus petite contradiction. Chaque matin, il construit le grand soir et chaque soir finit par aller se coucher. Comme il comprend que ça risque de durer, il préfère par en rire pour ne pas en pleurer.

Il utopise l’itinérance et l’attroupement (membre des Pile ou versa de 96 à 2004) avant d’ancrer un lieu d’arts et d’éducation populaire à Veynes (dirige le Fourmidiable de 2004 à 2012). A pas d’oiseau, il mixe finalement le mouvement et l’enracinement.

Avec tous ceux qui se retrouvent à côté de ce monde qui ne tourne pas rond (ils sont nombreux), il finit par construire chaque soir des petits matins. Il fait chauffer les stylos, slamer les désespérés, rimer les révoltés. Il se raconte des histoires, pense que 1 + 1 = 3 ou que la météo du futur se lit en bas dans les cœurs purs. Il met tout ça sur un plateau et nous l’offre comme des graines à des oiseaux.

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Le Duo Vargoz a été créé en 2017 par deux frères, Guillaume et Robin. Chacun explore les musiques et danses de traditions orales depuis une vingtaine d’années. Si le répertoire principal du Duo Vargoz est issu du territoire alpin, ils ont confronté leur regard avec de nombreux musiciens-chercheurs d’autres régions: Auvergne, Irlande, Piémont italien, Appalaches… 

L’harmonica et le violon sont deux instruments populaires porteurs d’histoires et d’imaginaires. En jouant des airs patinés par le temps, ce duo cherche avec une énergie commune, sa propre liberté de jeu et une complicité avec les danseurs.