Michelle Cajolet-Couture

La force de gravité


Théâtre, seule-en-scène.


Photo © Raphaël Arnaud

Je vous emmène au Québec, au coeur de sa forêt sauvage, dans la maison en bois dans laquelle j’ai grandi. L’histoire que je vais vous raconter, c’est celle de la personne qui n’est pas là : mon père. Du jour où il a décidé d’orchestrer sa mort au lieu d’attendre qu’elle vienne le chercher. De sa fin qui n’est pas une fin, du bruit que font les arbres qui tombent et de nous, les vivants, qui sommes restés debout. Troués, crochus, mais debout. Ça pourrait être une histoire triste, mais c’est un rayon de soleil dans une forêt de sapin.

Situé aux frontières du théâtre, du conte et du récit fantastique, La force de la gravité questionne, avec poésie et humour, notre rapport à la mort et la liberté d’action que nous avons sur cette vie, ce corps que nous habitons. C’est aussi un voyage au cœur des territoires sauvages québécois. Un hommage à sa culture et sa nature.

NOTE D’INTENTION :
Inspirée par la mort de mon père, la maison dans la forêt québécoise où j’ai grandi et la scène du sacrifice d’Iphigénie (Iphigénie à Aulis, Euripide), j’écris La force de la gravité en 2015. Isolée pendant trois mois dans mon bébé-studio en banlieue parisienne, bien loin de mon pays natal de l’autre côté de l’océan, je profite de la liberté qu’apporte la distance pour exulter l’insoutenable déchirure de la perte d’un père. La pièce s’écrit d’un trait. J’écris. Sans réfléchir à la forme, aux règles dramaturgiques ou à une éventuelle mise en scène. La mort. Rien d’autre dans le décor que la mort. J’écoute en boucle l’album Real Gone de Tom Waits, je pleure des torrents d’encre.
William Shakespeare, Frank Sinatra, Richard Desjardins, Émile Nelligan, Albert Camus, Doris Day, Ralph Stanley…
Je suis allée puiser chez les auteurs, les musiciens et poètes, québécois, français, américains et anglais, avec lesquels je me suis construite au courant des différents épisodes de ma vie. Berceuses de mon enfance, lectures existentialistes, soirées country-folk sur la véranda… J’ai laissé les rythmes, les mélodies, les couleurs, les langages prendre le territoire, créer les reliefs de mon récit.
C’est au coeur de ce paysage à l’état brut, fait de vertiges et d’éclats de verre que j’amène le public. Un espace-temps pour se rassembler et regarder la mort en face.
Libérer les fantômes, faire circuler la parole, rire, pleurer, chanter, danser… S’alléger.

PORTRAIT :
Comédienne, clown, auteure, metteure en scène.
Active sur le territoire français depuis 2014, l’artiste québécoise tout-terrain se forme à travers le théâtre, le clown, le mime, le tumbling (gymnastique au sol), la danse contemporaine et le chant.
Son parcours passe par l’École de clown et comédie Francine Côté & l’École de mime Omnibus à Montréal, Les Escales Buissonnières (théâtre musical) à Lyon, des stages avec Élise Ouvrier Buffet (comédie physique), Daphné Clouzeau (clown & chant), Ira Seidenstein (Slava’s Snowshow, Cirque du Soleil) en Australie et finalement, un bref détour par l’École internationale de théâtre Jacques Lecoq qui, dû à une violente odeur de dogme périmé, amène l’artiste indomptable à s’auto mettre à la porte pour retourner jouer dehors aussitôt.
Son baptême d’interprète sur les planches professionnelles françaises se fait en 2018 avec la double création jeune public ENVOL/D’UN BATTEMENT D’AILES (mise en scène Philippe Boronad ; texte Catherine Verlaguet).
Aujourd’hui basée à Marseille, elle dirige la Cie LA ROCKET, défend son spectacle seule-en-scène La force de la gravité, met en scène des spectacles cabarets avec différents artistes marseillais, accompagne des compagnies sur la création de leur spectacle et transmet la méthodologie de jeu et créativité d’Ira Seidenstein « The Four Articulations ».

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