Les Amazones
Entre hier et aujourd’hui.
Samedi 16 novembre
20h
Public adulte et ado
Durée : 1h
Salle village vacances
REMUZAT

En l’an 600 av. JC, Athènes envoie une armée aux portes du dernier royaume des Amazones,celui de la reine Antinéa, afin de lui proposer un marché. Soit elle accepte de se marier avec Perimos, qui deviendra alors roi, soit elles entrent en guerre contre la plus puissante armée du monde. Les Amazones refusent le marché et combattent les soldats grecs. Dans un premier temps victorieuses, elles devront pourtant livrer un ultime combat.
Genève, de nos jours. Ariane fait partie de l’Association Les Tribades Urbaines, les Lesbiennes Radicales.
Sara est fiancée à Pierre. Elles se rencontrent dans une soirée. Sara devra se confronter à l’amour déroutant d’Ariane, puisqu’il met en lumière sa propre attirance pour la jeune femme, mais aussi à l’incompréhension de son entourage. Le récit, comme un voyage labyrinthique nous conduit du placard des émotions refoulées à la pleine lumière d’une Pride colorée.
NOTE D’INTENTION :
Pendant quatre ans, je me suis livrée à un travail de recherche sur les Amazones sans savoir si un jour, je pourrais raconter leur histoire. J’ai pu me rendre compte qu’il est difficile d’en savoir plus sur elles. Jusqu’à ce que je tombe sur le livre « Les Amazones » de Geneviève Pastre, philosophe et historienne, qui a enfin pu étancher ma soif de connaissance. Quatre ans à imaginer leur quotidien, à les voir petit à petit se dessiner en dehors des mythes rapportés par les Grecs à qui elles inspirèrent une sainte terreur. Quatre ans pour comprendre qu’il y a longtemps de cela, juste avant les grandes civilisations et les guerres de conquête, les femmes régnaient,chassaient, montaient à cheval et défendaient, les armes à la main lorsqu’il le fallait, leurs cités et leur mode de vie. Et puis toutes ces lectures ont fait leur chemin et l’histoire d’Antinéa s’est alors dessinée, tissage entre l’historique et l’imaginaire.
Puis un jour, Lestime, la Communauté des Lesbiennes de Genève, m’a demandé de les représenter à l’occasion de la Journée Cantonale d’Expo 02, à travers un spectacle de contes dont le sujet était « les lesbiennes aujourd’hui, mythes et réalités ».
Pour le mythe, tout était déjà là, comme une tragédie. Pour les lesbiennes d’aujourd’hui, je suis repartie en quête. J’ai collecté leurs récits de vie, et j’ai eu l’impression qu’elles étaient les héritières d’un royaume oublié. Pionnières du mouvement féministe, elles sont en première ligne partout où les femmes doivent combattre pour leurs droits. Et pourtant, on ne sait rien d’elles ou si peu, trop souvent réduites à des clichés, à des fantasmes de films X, oubliées par la presse au profit de leurs alliés masculins.
La deuxième partie de ce spectacle s’est construite grâce à leurs témoignages et parle du long voyage que chaque lesbienne doit entreprendre à travers le labyrinthe des idées reçues et de la pensée dominante. J’ai voulu que cette deuxième partie soit une comédie pour rendre hommage à leur humour lucide, à leur vision percutante, à la fierté qu’elles expriment souvent envers le long chemin parcouru jusqu’à l’acceptation de soi.
PORTRAIT :
De sa lutte politique, elle fait une lutte esthétique et défend les arts du récit et tout théâtre de l’oralité pour dire la liberté et l’espoir. Activiste, elle montre dans Les Amazones la face cachée et la force des liens entre femmes. Politique, elle raconte la naissance de la lutte ouvrière à travers le récit de vie d’une de ses figures de proue : Flora Tristan. Agitatrice, elle s’amuse à brouiller les cartes des identités de genre et invite à l’expression libre et joyeuse des désirs et sentiments dans Le Cosmorgasme. Attentive, elle traverse l’humanité silencieuse à travers les récits de vie des femmes en milieu rural dans Dernier village avant l’azur.
Pour que l’humanité soit enfin pleinement représentée, Catherine Gaillard veut redonner aux femmes d’exception, qui avant elle ont porté ce message, la place qu’on leur a refusée et qu’on leur refuse encore dans les livres d’histoire.
Elle soutient activement à Genève la scène alternative et les intermittent-e-s du spectacle. Elle a mis sur pied la seule salle de répétition pour les arts du récit, dans un espace d’expérimentation où la parole trouve à se déployer hors des contraintes du marché.
LIENS :